Si tu me suis, tu sais que je porte en moi deux cultures, dont celle du peuple portugais.
Pour moi notre Portugal c'est une explosion de couleurs, de fêtes, de nature, de foi et de bravoure... mais pas que...
Ma plus grande source d'inspiration ? Une minha terra : L'Algarve . C'est là, dans cette région marquée par l'influence mauresque, que sont nés les ancêtres des azulejos . Je suis clairement fascinée par ces motifs, et aujourd'hui, j'ai envie de te raconter ce fantastique héritage .
Un héritage venu d'ailleurs
Le mot azulejo vient de l'arabe « al-zellige », qui veut dire « petite pierre polie ». Ce sont les Maures qui ont introduit ces carreaux décoratifs entre le 8ème et le 15ème siècle. Au début, on les trouvait surtout en Andalousie et dans le sud du Portugal (on en voit encore des merveilles à Séville ou Cordoue !).
À l'époque, pas de personnages ou de scènes de vie. La tradition islamique préférait les motifs géométriques, symboliques et répétitifs. Le mais ? Créer une harmonie visuelle et spirituelle.
Plus que de la déco : une vibration
Ces premiers motifs ne sont pas juste "jolis", ils sont porteurs de sens. On y retrouve :
• Des étoiles : pour le divin, l'espoir et la guidance.
• Des entrelacs : symboles d'unité et d'infini
• Des rythmes visuels : des répétitions, presque hypnotiques invitant à la contemplation.
C'est là que le lien avec l'énergie prend tout son sens. Comme un mandala, l'azulejo crée une vibration visuelle, une sensation d'apaisement et d'ancrage. C'est un langage universel que l'on comprend instinctivement, peu importe d'où l'on vient.
Du Sud au Nord : l'évolution des styles et des couleurs
Avec la Reconquista et l'affirmation de son Royaume, le Portugal a adopté et revisité ces carreaux en céramique au fil du temps.
• Dans le Sud (Algarve jusqu'à Lisbonne) :
Toujours sous influence mauresque, les motifs géométriques acquièrent peu à peu de courbes et d'inspirations florales. Quant aux couleurs, elles deviennent plus variées et lumineuses (jaune, vert, ocre, bleu, ..).
• Vers le Nord (Porto) :
À partir du 17ème siècle, le Portugal réinvente ces motifs pour développer sa propre identité azulejare. Sous l'influence de la faïence hollandaise de Delft, le bleu et le blanc s'imposent. On commence à peindre des scènes religieuses, des moments d'histoire ou du quotidien.
Plus nous montons vers le nord, plus cette esthétique « bleu et blanc » devient dominante. Elle s'impose sur les façades d'églises, de gares, de maisons et de palais, jusqu'à devenir l'une des signatures visuelles les plus fortes du pays.
Le savais-tu ?
Si le bleu est devenu si présent, c'est beau mais aussi technique ! Le pigment cobalt résiste beaucoup mieux aux très hautes températures de cuisson.
Un patrimoine vivant (destiné à être réinventer ;))
Les azulejos ne sont pas coincés dans le passé. On les retrouve partout : sur des bâtiments modernes, des objets et bien sûr... sur des textiles !
C'est exactement là que mon travail, et celui de nombreux autres artistes modernes, prend tout son sens. Entre l'héritage de mes racines et mes outils numériques d'aujourd'hui, je réinterprète ces rythmes et ces symboles pour te proposer un artisanat moderne, engagé et porteur de sens.
L'une de mes adresses préférées : Musée National de l'Azulejo
Si tu veux prendre une claque visuelle, tu dois absolument aller là :
Musée national des azulejos à Lisbonne. (Rua da Madre de Deus, 4).
Installé dans un ancien couvent magique du 16ème siècle, ce musée retrace toute cette épopée jusqu'à nos jours.
Tu verras apparaître sur mon Feed insta des photos souvenirs de ma visite.
Petits conseils : Si vous êtes de nationalité portugaise, demandez à la caisse si l'entrée est gratuite. C'était le cas lors de ma dernière visite (pensez à vérifier car les conditions peuvent changer !).
Une énergie qui traverse le temps
Pour moi, ces carreaux sont bien plus que de la faïence. Ils racontent l'histoire des peuples, d'un métissage culturel, un dialogue entre l'art et la spiritualité.
Leurs motifs, tels des mandalas, continuent de diffuser une énergie solaire et apaisante, ancrée dans la terre portugaise mais aussi dans tout le bassin méditerranéen.
Un héritage vivant, qui ne demande qu'à être porté, réinterprété et transmis
#lembrateeinspiraofuturo